Incendie meurtrier à Paris, la précarité des logements à nouveau en question
Selon des sources policières, 130 personnes, dont une centaine d'enfants, originaires du Mali, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire ou de Gambie, logeaient dans cet immeuble de sept étages, datant des années 1920, situé à l'angle du boulevard Vincent-Auriol et de la rue Edmond-Flamand (13e). Le feu s'est déclaré à 0 h 17 dans la cage d'escalier . L'incendie, qu! i a mobilisé deux cents pompiers, a été maîtrisé à 2 h 02.
Mohammed Sissé, arrivé sur les lieux à 1 h 30, a raconté avoir vu des flammes, notamment entre le 3e et le 5e étage : "Je suis venu pour avoir des nouvelles des mes cousins, un couple et deux enfants qui habitaient au 4e étage. Nous ne les avons pas vu sortir, nous sommes très inquiets", a-t-il dit. "On voyait beaucoup d'enfants qui appelaient aux fenêtres", a-t-il ajouté.
CONDITIONS DE VIE PRÉCAIRES
Le quartier a été bouclé et les rescapés ont été évacués vers un gymnase proche du lieu du drame, et une cellule médico-psychologique a été établie sous une tente, a rapporté la radio France-Info.
Les familles qui résidaient dans cet immeuble, dont le dernier étage était muré, avaient été envoyées là par des organisations caritatives. Le bâtiment était géré par la société privée France Europe Habitat indique-t-on de source pol! icière.
Selon deux témoignages recueillis ! par l'AFP, l'immeuble était particulièrement vétuste. "Il y avait des rats et des souris", a indiqué un habitant tandis qu'une voisine a assuré que "les escaliers de bois de l'immeuble bougeaient".
INCENDIE PARTICULIÈREMENT MEURTRIER
Cet incendie est l'un des plus meurtriers à Paris depuis la Libération. En avril, un incendie dans un hôtel du 9e arrondissement hébergeant de nombreux immigrés avait fait 24 morts, pour moitié des enfants. Certaines personnes avaient sauté par les fenêtres pour tenter d'échapper aux flammes lorsque le feu s'est déclaré en pleine nuit. La police avait par la suite annoncé l'arrestation d'une jeune femme qui a reconnu avoir causé accidentellement cet incendie.
Des mouvements de défense des immigrés avaient souligné que cette tragédie illustrait les conditions de vie précaires de nombreux immigrants en région parisienne.
Jeudi soir, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, le préfet de police, le procureur de la République et des représentants de la Ville de Paris se sont rendus sur les lieux de l'incendie, durant la nuit.