Les relations sexuelles non protégées ont augmenté de 70 % depuis 1997 chez les homosexuels

Publié le par Clément

LE MONDE | 18.06.05 | 12h50  .  Mis à jour le 18.06.05 | 12h50

a tendance est générale : quel que soit leur statut sérologique vis-à-vis du virus du sida, les homosexuels masculins prennent davantage de risques dans leurs pratiques sexuelles. Les rapports non protégés seraient ainsi en hausse de 70 % depuis 1997, selon les résultats de l'enquête "Presse gay" 2004, que la revue Têtu doit publier, avec des analyses et des témoignages, dans son numéro du mercredi 22 juin, ainsi que sur son site (www.tetu.com).

L'enquête sera rendue publique le même jour par l'Institut de veille sanitaire (INVS). En 1997, puis en 2000, celui-ci avait déjà mené les deux précédentes éditions de cette étude, financée par l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales. Un questionnaire a ét! é diffusé dans la presse homosexuelle, ainsi que, pour la première fois, sur dix "sites Internet identitaires gay" . 6 184 questionnaires ont pu être exploités, 4 749 sous forme papier, 1 435 en ligne. La comparaison avec les études précédentes n'a été effectuée que sur les questionnaires papier.

PRISE DE RISQUE

Un peu plus des trois quarts (77 %) des participants à l'enquête ont eu au moins un partenaire occasionnel au cours de l'année écoulée et la moitié des répondants indiquent avoir eu au moins dix partenaires durant les douze derniers mois. Au registre des pratiques sexuelles, la fellation est quasi systématique (98 % des répondants). La pénétration anale, active ou passive, est très répandue : 89 % des personnes interrogées la pratiquent.

L'enquête met en évidence des prises de risque plus fréquentes chez les individus ayant beaucoup de partenaires, ainsi que chez les séropositifs. Parmi les répondants ayant eu plus de di! x partenaires au cours des douze derniers mois, 42 % ont eu au! moins un rapport anal non protégé. La proportion est de 30 % chez ceux ayant eu moins de dix partenaires. La sodomie non protégée est plus fréquente chez les séropositifs : 56 % la pratiquent contre 28 % chez les séronégatifs.

Globalement, la comparaison avec les deux précédentes enquêtes illustre la hausse importante des rapports non protégés : en 1997, 19,5 % de répondants étaient concernés, une proportion passée à 25,9 % en 2000 pour grimper à 33,2 % en 2004, soit une augmentation de 70 % en sept ans. L'enquête montre aussi que la fréquence des prises de risque augmente : la proportion d'homosexuels déclarant au moins une pénétration anale non protégée par mois a doublé entre 1997 et 2004, passant de 10 % à 21 %.

Dans le commentaire des résultats qu'elle livre à Têtu, Anne Velter, de l'INVS, souligne qu'"en 2004, six hommes sur dix ayant pratiqué au moins une pénétration anale non protégée au cours des douze derniers mois l'ont principalement fait avec des! partenaires occasionnels dont ils ne connaissaient pas le statut sérologique" .

L'augmentation de la prise de risque se retrouve pour la fellation. Si 13 % des répondants en 1997 affirmaient faire usage systématiquement d'un préservatif, ce chiffre tombe à 6 % en 2004.

Enfin, si la fréquence des infections sexuellement transmissibles (IST) diminue globalement, certaines sont en hausse. En 2004, 9 % des répondants signalaient avoir eu une IST au cours des douze mois écoulés, contre 13 % en 1997 et 16 % en 2000. Une diminution essentiellement due à la forte baisse des déclarations d'herpès génital. En revanche, les gonococcies (35 % des IST citées en 2004) sont deux fois plus citées qu'il y a sept ans, et la syphilis monte en flèche : de 1 % des IST en 1997, elle passe à 20 % en 2004.


Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 19.06.05
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