Au Niger, M. Douste-Blazy dénonce l'"avarice" des pays riches
"INDIFFÉRENCE MORALE"
M. Douste-Blazy a signé cette convention avec son homologue nigérienne, Mme Aïchatou Mindaoudou, après des entretiens avec le président Mamadou Tandja et son premier ministre Hama Amadou.Le ministre a dénoncé lors d'une conférence de presse l' "avarice mala! dive des pays riches, une indifférence morale et une erreur stratégique grave" dans la gestion de cette crise au Niger, une ancienne colonie française.
Cette catastrophe alimentaire, causée par la sécheresse et la destruction des récoltes de 2004 par des criquets pèlerins, aurait pu être évitée, mais les appels à l'aide du Niger et de l'ONU, lancés dès l'automne dernier, n'ont "pas été entendus", a dit le ministre. Il a souligné que la France était "le premier contributeur au Niger" et avait été le premier pays à se mobiliser pour lui venir en aide.
Mme Mindaoudou a déploré devant des journalistes l'aide tardive de la communauté internationale, y compris de la France. Le gouvernement nigérien a pour sa part été critiqué par des ONG pour avoir sous-estimé l'ampleur de cette catastrophe et tardé à distribuer gratuitement de la nourriture à des personnes réduites à une extrême pauvreté.Le ministre s'est ensuite rendu à Tahoua (centre-ouest), une d! es zones les plus touchées par la famine.
PROC! HAINS MOIS DIFFICILES
Dans le village de Kalfou Dabagui, à une trentaine de km de la ville de Tahoua, le ministre a remis 1,7 tonne de médicaments, notamment des antibiotiques et des sels de réhydratation. Mais cette visite n'aura duré qu'une quinzaine de minutes en raison d'un orage. Le ministre a ensuite très brièvement visité un centre de Médecins sans frontières (MSF) à Tahoua, où 135 bébés et jeunes enfants sont hospitalisés pour malnutrition.
"Nous avons de plus en plus de cas d'hospitalisation et les deux prochains mois seront les plus difficiles en raison de la saison des pluies, propice aux maladies", a déclaré la chef de mission de MSF, Johanne Senekes. "On entend parfois des chiffres pas forcément vérifiés (sur le nombre de personnes atteintes de malnutrition), on se doit de rester prudent. Parler de famine, c'est peut-être un peu fort", a pour sa part déclaré à Nyamey le chef de délégation de la Croix-Rouge française, Laurent D! evilliers.
Aucun chiffre sur la mortalité due à cette famine n'est par ailleurs disponible. Un avion cargo affrété par la France et transportant 35,4 tonnes de vivres est par ailleurs arrivé à Niamey dans la soirée pour quelque 30 000 enfants de moins de 5 ans, souffrant de malnutrition sévère. M. Douste-Blazy a regagné dans la nuit de samedi à dimanche Paris, bouclant une visite de trois jours au Tchad, au Soudan et au Niger, sa première en Afrique depuis sa nomination au Quai d'Orsay il y a deux mois.