| De notre envoyé spécial en Israël
Il est arrivé avec un énorme album de photos sous le bras, sa casquette irlandaise en laine posée à lenvers sur des cheveux très noirs pris dans un catogan, de grands yeux verts et une allure dartiste new-yorkais. A 30 ans, Itzhak fait des photos dart du corps humain du sien et des autres , images étranges et sombres quil a réussi à exposer aux Etats-Unis. En Israël, pour vivre, il court les mariages et vend ses clichés de bonheur sucré. Dans le civil, Itzhak est un homme qui rêve. Sous luniforme, il est à limage de ces nouveaux soldats : durs, à droite, opposés aux accords de paix, sans illusions et sans concessions. A larmée, il faisait partie de lunité secrète des Shimshon, surnommée «les Cerises», des petits groupes déguisés en vieillards ou en paisibles commerçants arabes, avec maquillage, barbe, keffieh et galabia. Leur mitraillette Uzi sur le ventre, ils roulaient sans plaque, au cur de Gaza la palestinienne, dans les camps de Jabalia, Khan Younès ou de Rafah. A un carrefour, dans un café, devant une maison, ils nhésitaient pas à surgir de leur véhicule face aux hommes quils recherchaient. «On les arrêtait ou on les tuait. Puis on repartait
», dit Itzhak. En 1996, il rejoint Egoz, une unité spéciale au Liban, fait la guerre au Hezbollah et monte des embuscades de nuit. A peine libéré de ses trois ans de service militaire, il sévade, comme la majorité des jeunes Israéliens, vers lAsie et tombe amoureux de lInde. Itzhak le séfarade est né dans la Vieille Ville de Jérusalem, dun père rabbin juif égyptien et dune mère juive tunisienne installés à Paris puis venus vivre ici au plus près des Lieux saints. Gamin, il court les ruelles près de la voie romaine habitée par des familles arabes, partage les bagarres et les parties de football de ses copains palestiniens: «Je prenais un bus local avec mon père, qui parlait larabe, pour aller au tombeau dAbraham à Hébron. Cétait avant les accords dOslo, il y a vingt ans à peine... Cest fini. » Aujourdhui, sa femme refuse daller dans les territoires occupés, et ils vivent à Modin, en Israël. Lui ne fume pas pendant le shabbat, ne conduit pas, ne touche pas au téléphone, à lélectricité et il préférerait sinstaller vers la mer Morte, au plus près des colons religieux. Hier encore, en poste à Tapuar, il portait luniforme des réservistes près dun village arabe où un «terroriste» a mitraillé une voiture de soldats en permission: «Sur place, un mort, un blessé grave, deux légers, quon a secourus. Sinon, cétait calme, quelques jets de pierres, des arrestations, pas grand-chose à faire
» En réalité, Itzhak enrage: «Nous sommes des soldats. Et les politiques nous font faire un travail de flics!» Vingt-quatre jours par an de réserve, 70% du salaire, une discipline militaire et un travail de policier: «Dans mon unité, il y a des médecins, des avocats, des publicitaires, de gauche ou de droite. Neuf hommes sur dix ont fini par se trouver une dispense médicale pour éviter la période de réserve.» Lui ne croit pas à la paix: «Un Etat palestinien sous notre nez avec Jérusalem-Est aux Arabes? Pas question! On ne peut pas vivre au même endroit que les Arabes.» Il avoue quil rêve dune solution simple, le transfert massif des Palestiniens en Egypte, en Jordanie ou en Arabie Saoudite. En attendant, il prône une méthode dure, strictement militaire: « Comment peut-on être "correct" ou "gentil" en enfonçant la porte dune maison à 2 heures du matin pour arrêter le père devant toute sa famille? Absurde!» Itzhak le militaire pense quil faut être moins hypocrite et plus brutal: «Ils ne veulent pas de nous. Nous non plus. Il faut répondre à un tir de roquette en rasant la moitié du village suspect. Faisons notre métier de soldats! La force est de notre côté. Et les Arabes le comprendront.» Ne lui parlez pas du désengagement de Gaza, du plan de Sharon et de laccord donné par Netanyahou
«Chaque centimètre de cette terre appartient à Eretz Israël, le Grand Israël. Dieu ne ma pas parlé récemment, mais je suis convaincu que notre mission à nous, Juifs de la Bible, est de rester ici. Au sein de larmée, beaucoup pensent comme moi.» Il dit vrai. En vingt ans, larmée dIsraël a changé de nature. Jusquici la classe moyenne ashkénaze formait la colonne vertébrale de Tsahal, et le kibboutz façonnait une hiérarchie éclairée. Le rôle central des laïques ashkénazes sous luniforme justifiait leur position privilégiée dans la vie publique. Pierre angulaire de la société, à la fois rempart et école de pensée, larmée se voulait le symbole de la société juive unifiée. Cette époque-là est révolue. «Tout a commencé avec la guerre de Yom Kippour en 1973, le premier conflit armé qui sest terminé sans conquête de territoires et en pleine crise du pétrole», explique Yagil Levy, universitaire spécialiste de sociologie, militaire et lui-même lieutenant-colonel de réserve. Yom Kippour, perçu comme un échec, entame limage du guerrier tout-puissant, du sabra fils dIsraël assuré de la victoire. La classe moyenne ashkénaze rechigne à porter le fardeau de la guerre au moment où la mondialisation des années 1980 offre de belles carrières en dehors de linstitution militaire. Les accords de paix avec lEgypte, la Jordanie, et les accords dOslo, décrits ici comme «la paix ashkénaze», vont pousser la hiérarchie vers une option moins guerrière, à la recherche dune coopération avec les Palestiniens. Au milieu des années 1990, la middle class, en crise de motivation, délaisse les sections de combat, qui perdent leur prestige au profit dunités délite technologiques. Dans ce vide sengouffrent ceux qui vont bientôt constituer les nouveaux combattants de Tsahal. Dabord les séfarades, juifs émigrés par vagues des pays arabes, qui constituent aujourdhui 25% des forces militaires. Puis les Russes, 20% des combattants, arrivés en masse à partir des années 1980 et dont certains ont combattu en Tchétchénie. Enfin les religieux, souvent ultranationalistes, estimés à 30% des unités de combat. Restent les ashkénazes, réduits à un cinquième des forces, et quelques pour cent répartis entre les Druzes et les Falachas éthiopiens.
Aujourdhui, au contact direct des Palestiniens, aux checkpoints ou sur un point chaud des territoires, ceux qui forment le gros des unités de combat pensent à droite, parlent le russe ou portent la kippa, durs et méfiants envers létranger. Avec le temps, les mess dofficiers comptent déjà trois généraux et des dizaines de lieutenants-colonels qui portent uniforme et kippa en laine, signe distinctif des colons. Nouveau groupe social qui porte un projet idéologique différent. «Pour eux, la paix nest pas une ouverture sur la mondialisation mais la menace du retrait des territoires qui met en danger leur identité juive», dit Yagil Levy. Lerreur du pouvoir serait davoir favorisé les villes modernes riches en technologie au détriment des plus pauvres, condamnées à fermer leurs ateliers de textile. Avec le nouvel ordre mondial sous la houlette des Etats-Unis et le retrait du Liban, quand le pays commence à réduire ses dépenses militaires, le commandement de larmée se sent brutalement négligé et écarté. La seconde Intifada va lui donner loccasion de revenir en première ligne. «Larmée sétait préparée très sérieusement, avec des scénarios précis de clashs, prête à lescalade avec les Palestiniens», dit lexpert. Dès les premières manifestations, les soldats ouvrent le feu. Puis on engage les hélicoptères et les chasseurs-bombardiers: «Dans cette période critique, cest le militaire qui a dirigé le politique et non le contraire.» Le conflit armé, qui fait boule de neige, conduit à leffondrement de lAutorité palestinienne et à la réoccupation des territoires en avril 2002. «A cette époque, larmée a fait un putsch silencieux», écrit Ofer Shelah, éditorialiste au grand quotidien «Yediot Aharonot». Le résultat ne se fait pas attendre, les coupes budgétaires sont suspendues, et la nouvelle armée redevient le symbole de la société israélienne, son rempart, la solution. A quel prix! Aucun soldat ne peut ressortir indemne de trois ans de service et doccupation à faire la police, la répression et la chasse aux terroristes au milieu des civils. Il y a ceux qui se durcissent et perdent leur âme, ceux qui se taisent, et ceux, écurés, qui sinterrogent et dénoncent. Loin de ses études darchéologie, Barak est propulsé à 21 ans sergent à la tête de 12 hommes, quelques mois après le début de la seconde Intifada. Très vite, il se retrouve la nuit en tenue de camouflage, son appareil de vision nocturne sur le casque, la main sur son arme, planqué dans des immeubles vides à tendre des embuscades à des groupes palestiniens. Il suffit dun ordre, dune adresse et dune heure H donnés par le Shabbak, le service de renseignement, pour que lunité investisse une maison, arrache un homme de son lit et lemmène menotté et les yeux bandés. Parfois, il faut sécuriser le travail dun D9, bulldozer géant qui piège tout un village en ouvrant une immense tranchée sur la route daccès. A Beit Dajan ou à Beit Furik, près de Naplouse, il faut menacer de tirer dans les pneus dun camion de gaz butane qui vient alimenter les habitants et interdire lévacuation des ordures municipales
«Des semaines face à des gens sans feu pour cuisiner ou se chauffer, et de gros tas dordures qui puent affreusement», dit Barak. Le quotidien, lui, est fait de check-points ouverts ou fermés sans logique, dhommes ou de femmes en ligne brandissant des papiers illisibles, de vieillards à extraire des voitures ou dambulances à qui on refuse le passage. Parmi les hommes, certains sefforcent dêtre courtois, dautres humilient, renversent les sacs, confisquent des chapelets de prière, un panier de fruits ou une plante verte pour décorer le poste. Les plus brutaux distribuent des coups de poing ou de bâton, pointent une arme chargée sur des hommes au sol ou les font marcher au pas une demi-heure en leur faisant scander le nom de lunité. «Tout dépend du soldat, de son humeur et de lofficier qui le commande», dit Barak. Il nhésite pas à sanctionner de deux semaines darrêt lun de ses soldats pour avoir battu un Palestinien à coups de trique. Même si ses hommes ensuite se plaignent de «sennuyer» sous ses ordres.
«La plupart des soldats ne voient pas les Palestiniens comme des êtres humains, mais comme des ennemis, voire des animaux, dont on peut faire ce quon veut», dit Barak. Un jour, le commandant du peloton montre à ses hommes un film sur les règles de conduite à observer sur le terrain. La projection terminée, le commandant explique quil y a la théorie
et la pratique. A lappui, il raconte sa dernière mission où un de ses hommes a tué un gamin de 11 ans dune balle en plastique en pleine tête tirée de trop près. Précisant que lhomme a été puni a minima de deux mois de prison, il conclut: «Quoi que vous fassiez, ne vous inquiétez pas. On sera toujours derrière vous. Avec vous.» Barak sort éprouvé du briefing: «La "pureté des armes" est un slogan, un concept de communication. Aujourdhui, dans notre armée, il y a une culture de limpunité.» A létat-major, on assure quune enquête est ouverte après la mort de chaque Palestinien. Mais lorganisation israélienne de défense des droits de lhomme BTselem constate que la mort de 3600 Palestiniens, dont 1500 civils non armés, na abouti quà 92 enquêtes, une trentaine dinculpations et à une poignée de condamnations. «Il est vrai que souvent linvestigation militaire se résume à demander à lofficier dévaluer la responsabilité du soldat sous ses ordres», dit Ezekiel Lein, directeur de recherche à BTselem. Ecuré, le sergent Barak finira par demander sa mutation dans une unité non combattante, ce qui lui coûtera une année supplémentaire de service.
Lors de la première Intifada en 1987, Dan Shomron, chef détat-major, proclamait que si larmée pouvait contrôler la situation, la solution nétait pas militaire mais politique. Chaque soldat recevait par écrit des «règles dengagement», et les déviants étaient poursuivis. «Depuis la seconde Intifada, ces règles sont communiquées verbalement, dit Yagil Levy. Sur le terrain, la hiérarchie a laissé les mains libres aux officiers pour mener leur guerre au plus fort de la terreur.» Au début, personne na vraiment protesté: «Chez nous, larmée vient du peuple, les soldats sont toujours "nos enfants," et le Palestinien forcément "un terroriste"», explique Amos Harel, spécialiste militaire au journal «Haaretz». Pas ou peu de «mères en colère» comme pour la guerre du Liban, les soldats morts au combat ne viennent pas des grandes écoles mais des milieux séfarades, religieux ou colons, pour qui casser lIntifada fait partie de la mission, de léthique de sacrifice, et le phénomène des soldats «refuzniks» ne concerne pas plus dun demi-millier de soldats. Le premier acte de révolte provient dune unité délite, des pilotes de chasse et officiers prestigieux qui refusent les bombardements sur des zones à forte densité civile. Plus tard, 80 appelés organisent à Tel-Aviv une exposition de photos prises notamment à Hébron et intitulée «Briser le silence». A lautomne dernier, plusieurs affaires secouent lopinion publique israélienne, la presse et les militaires eux-mêmes. Le 5 octobre à Rafah, au sud de la bande de Gaza, Iman al-Hams, écolière de 13 ans, en uniforme scolaire et son cartable à la main, pénètre dans le périmètre interdit de 300 mètres autour dun poste militaire. Elle est abattue. Puis lofficier en charge, le capitaine R., se dirige vers elle, lui tire deux balles dans le corps, séloigne puis revient vider son chargeur à bout portant. Les circonstances sont contestées (voir interview ci-dessus), mais les médecins de lhôpital palestinien recevront un corps criblé dune vingtaine de balles. Et la presse israélienne a publié lappel radio du capitaine R.: «Rapport de situation: nous avons ouvert le feu et lavons tuée. Elle portait un jean, un tee-shirt et un keffieh sur la tête. Nous avons confirmé sa mort.» La procédure dite vidou hariga ou «confirmation de la mort» est une technique de combat rapproché. «Elle peut être utilisée derrière les lignes ennemies, au Liban ou en Syrie, sur un ennemi blessé, à terre, qui peut encore constituer une menace, explique Barak le sergent, mais pas contre un civil, une enfant!» Deux jours plus tôt, près de Jénine, cest un militant du Djihad islamique, blessé, qui aurait été achevé à terre. Le chef détat-major a dû envoyer une lettre aux soldats rappelant que le vidou hariga est exclu du Code militaire. Lémotion gagne encore quand la presse publie les photos macabres dun soldat posant le pied sur le cadavre dun Palestinien ou le témoignage dun autre soldat affirmant avoir joué avec la tête dun kamikaze. La hiérarchie elle-même nest pas épargnée, et le général Dan Haloutz, ex-commandant de larmée de lair, doit sexpliquer pour avoir affirmé que la mort de 14 innocents lors du lâcher dune bombe de 1 tonne à Gaza ne lavait pas empêché de «dormir sur ses deux oreilles». Aujourdhui, lIntifada est gelée, et larmée essaie de restaurer son image et de retrouver sa cohésion. Dautant quune redoutable épreuve lattend: le retrait de Gaza, initialement prévu en juillet et repoussé à la mi-août, qui risque de lopposer non plus aux critiques du camp de la paix mais aux bataillons de lextrême-droite. Se retirer de Gaza, cest défaire tout un appareil militaire autour des colonies et arracher 8000 colons à la richesse dune terre «promise par Dieu» et Sharon, celui qui fut «le premier des colons». Le Premier ministre a changé de politique et, une fois la stupeur passée, ses anciens fidèles sont résolus à faire échouer lopération. Récemment, près de 80000 personnes se sont retrouvées à Goush Katif, la principale colonie de la bande de Gaza. A leur tête, Bentzi Lieberman, chef du Conseil des Colons, a appelé à bloquer les routes avant même la date de lévacuation pour éviter lisolement de Gaza: «Le combat commencera à lendroit même où les forces de sécurité essaieront de nous arrêter.» Aryeh Eldad, député à la Knesset, a prévenu que les opposants bloqueraient toutes les routes du pays. Et un député religieux sioniste, Effi Eitam, a proclamé: «Le jour où le pouvoir tentera de bloquer Goush Katif, la nation se lèvera et commencera à marcher. Sils ferment les routes, nous prendrons par les sentiers, les champs, les forêts. Si un soldat nous stoppe, nous le contournerons.» La menace est prise très au sérieux, au point que le porte-parole de la Knesset, Reuven Rivlin, a demandé aux Israéliens de prendre conscience du danger: «Plus que tout, jai très peur que cette année soit celle de la guerre civile.» Au sommet de larmée, létat-major a élaboré un scénario très précis. On a dabord commencé par une série de nominations pour casser les liens étroits créés au fil du temps entre les colons et la hiérarchie dans les territoires. Le général Elazar Stern, lui-même juif orthodoxe, chef du département des effectifs de larmée, a aussi ordonné le démembrement des académies militaires religieuses, mi-casernes, mi-yeshivas, où des rabbins instruisent les futurs soldats. Histoire quils ne succombent pas à la tentation de la sécularisation et quils restent à lécoute de la voix de leurs leaders religieux, au moins autant quaux ordres de leurs officiers. Depuis les années 1980, les colons disposent quant à eux de leurs propres milices armées destinées à leur protection. «Des colons en armes, dont pas mal dultrareligieux aussi extrémistes que des islamistes, accrochés à leur terre et qui se sentent trahis
Il y a là un danger réel», dit Akiva Eldar, spécialiste du sujet à «Haaretz». Dautres intellectuels vont même jusquà faire lanalogie avec les pieds-noirs dAlgérie. «Une armée de colons pas totalement loyalistes, ancrés depuis longtemps dans les territoires, et qui ont forgé une nouvelle identité, un noyau dur qui se sent "plus juif que les Israéliens"», dit Yagil Levy. Lune de ces milices militaires, la «brigade Benjamin», a déjà écrit une lettre pour proclamer son refus dobéir au désengagement. Larmée a aussitôt démis ses chefs de leur fonction. Les opérations du retrait de Gaza ne seront dailleurs pas confiées aux militaires mais à la police israélienne, qui entend uvrer sans armes et en douceur. Laccent a été mis sur le renseignement, toutes les colonies ont été cartographiées grâce à des photos aériennes, et les policiers disposeront de lidentité et du profil de chaque famille, animaux domestiques inclus. En cas dopposition violente, des unités spéciales interviendront, équipées de matraques, de grenades lacrymogènes et de canons à eau acquis pour loccasion. Itzhak, photographe dart, réserviste et combattant délite, a reçu sa convocation pour le mois daoût. Son unité se rendra à la frontière nord du Liban pendant que les appelés sécuriseront le périmètre de la bande de Gaza. Sa décision est prise: «Moi, jirai à Goush Katif en civil pour mopposer au retrait.» Déjà il a commencé à recruter en secret une vingtaine de copains de son unité prêts à laccompagner. «Je serai aux côtés des colons face à la police, dit Itzhak, prêt à me battre physiquement mais sans armes. Je nouvrirai jamais le feu contre des soldats ou des policiers juifs.» A lheure du retrait, Itzhak, photographe dart, qui a choisi son camp, sait quil sera à Goush Katif. Barak, sergent réserviste et étudiant en archéologie, ne sait pas, lui, où il sera appelé. Une chose est sûre: ils ne seront pas dans le même camp. Jean-Paul Mari
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